L’ancien président de la République, Joseph Kabila, a pris la parole vendredi 9 octobre 2026 dans une adresse diffusée sur les réseaux sociaux. Il a dressé un tableau préoccupant de la situation du pays et annoncé de prochaines initiatives politiques. Son intervention a rapidement suscité des réactions au sein de la majorité et de l’opposition.
Les principales déclarations de Joseph Kabila
Joseph Kabila affirme que les propositions qu’il avait formulées en mai 2025 n’ont pas reçu de réponse satisfaisante. Selon lui, la situation de la République démocratique du Congo s’est depuis aggravée.
L’ancien chef de l’État dénonce ce qu’il considère comme une dérive autoritaire, ainsi que des pratiques de tribalisme et de népotisme. Il évoque également des atteintes aux libertés publiques.
Sur le plan sécuritaire, il critique la gestion de la guerre dans l’Est du pays. Il plaide pour un dialogue national inclusif afin de rechercher une issue à la crise.
Joseph Kabila exprime aussi ses réserves sur un éventuel changement de la Constitution. Il remet par ailleurs en question certains aspects de l’accord conclu entre la RDC et les États-Unis sur les minerais stratégiques.
En conclusion, l’ancien président affirme que « le Congo est en péril ». Il promet ensuite de présenter sa vision des actions à entreprendre dans les prochains jours ou les prochaines semaines.
Ces déclarations reflètent sa lecture de la situation politique, sécuritaire et économique du pays. Elles ne constituent pas, à elles seules, une vérification indépendante des faits qu’il dénonce.
Patrick Muyaya rejette les critiques de l’ancien président
Le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a vivement réagi à cette adresse dans une publication sur le réseau social X.
Le ministre a qualifié Joseph Kabila d’« homme du passé » et affirmé qu’il « n’a rien d’autre à offrir que le chaos ». Il a également formulé des accusations concernant les liens présumés de l’ancien président avec le Rwanda et la rébellion de l’AFC/M23.
Dans le même message, Patrick Muyaya a défendu le processus de dialogue engagé à l’initiative du président Félix Tshisekedi. Selon lui, cette démarche doit contribuer au rétablissement de la paix et à la préservation de l’intégrité territoriale de la RDC.
Peter Kazadi conteste la portée du discours
Peter Kazadi, cadre de l’UDPS et ancien ministre de l’Intérieur, a également contesté la portée de l’intervention de Joseph Kabila.
Au cours d’un débat sur X, il a mis en doute la capacité de l’ancien président à menacer, à lui seul, l’intégrité territoriale du pays. Il a aussi évoqué l’hypothèse d’un nouveau mouvement rebelle issu d’une scission de l’AFC/M23.
Toutefois, cette hypothèse ne doit pas être considérée comme un fait établi en l’absence d’éléments vérifiables permettant de la confirmer.
Patrick Katengo critique un discours qu’il juge extrémiste
Patrick Katengo a, pour sa part, qualifié le discours de Joseph Kabila d’« extrémiste ».
Il reproche à l’ancien président de ne pas avoir présenté, selon lui, des propositions suffisamment concrètes pour sortir le pays de la crise. Cette réaction illustre les divergences au sein de la classe politique sur les solutions à privilégier.
Seth Kikuni parle d’un « dernier avertissement »
Dans le camp de l’opposition, Seth Kikuni a interprété le discours comme un « dernier avertissement » adressé au pouvoir de Félix Tshisekedi.
L’opposant a critiqué la gestion de la crise sécuritaire et politique. Il a également annoncé que la plateforme Sauvons la RDC ferait connaître ses intentions dans les prochains jours.
Lors d’un échange sur X, Seth Kikuni et Peter Kazadi ont confronté leurs points de vue sur la situation dans l’Est du pays et sur les accusations visant Joseph Kabila.
Un débat politique relancé en RDC
Les réactions au discours de Joseph Kabila mettent en évidence les profondes divergences entre le pouvoir et ses opposants.
D’un côté, l’ancien président réclame un dialogue national inclusif et critique la gestion actuelle du pays. De l’autre, des responsables proches de la majorité rejettent ses accusations et défendent le processus de dialogue initié par Félix Tshisekedi.
La question centrale reste celle de la sortie de la crise politique et sécuritaire, particulièrement dans l’Est de la RDC.
Joseph Kabila a annoncé de nouvelles propositions, mais leur contenu reste attendu. Les prochaines prises de parole permettront de déterminer si cette confrontation politique débouchera sur des initiatives concrètes ou si elle prolongera les échanges d’accusations entre les différents camps.
Work-TV — L’actualité au cœur de la RDC.



