KINSHASA — Le président de l’Assemblée nationale, Aimé Boji Sangara, appelle les confessions religieuses, particulièrement l’Église catholique et l’Église du Christ au Congo (ECC), à accompagner le processus de dialogue national initié par le président Félix Tshisekedi.
Dans son discours d’ouverture de la session ordinaire de septembre, le 15 septembre 2026, Aimé Boji a souligné la responsabilité des confessions religieuses dans la recherche d’un consensus entre les différentes composantes de la société congolaise. Il a notamment évoqué la nécessité d’inscrire cette démarche dans un esprit d’apaisement, de vérité et de réconciliation.
Les Églises appelées à accompagner le consensus national
Selon Aimé Boji Sangara, les confessions religieuses ont une responsabilité importante dans la construction du consensus national.
Le président de l’Assemblée nationale a particulièrement cité l’Église catholique et l’Église protestante, représentée notamment par l’ECC, qui portent déjà une initiative autour du « Pacte social pour la paix et le bien-vivre ensemble dans les Grands Lacs ».
Cette initiative, portée conjointement par la CENCO et l’ECC, vise notamment à contribuer à la recherche d’une paix durable, au renforcement de la cohésion nationale et au règlement des crises dans la région des Grands Lacs.
Un rôle qui s’inscrit dans une démarche déjà engagée
L’appel d’Aimé Boji intervient alors que la CENCO et l’ECC ont déjà développé leur propre démarche en faveur de la paix et du dialogue.
Les deux organisations religieuses ont notamment défendu l’idée d’un processus permettant de renforcer la cohésion nationale et de rechercher des solutions aux différentes crises que traverse la RDC. En juin 2026, la CENCO avait encore réaffirmé son soutien au « Pacte social » et appelé les acteurs politiques à privilégier la voie du dialogue.
Leur démarche et le dialogue national annoncé par Félix Tshisekedi présentent ainsi des objectifs qui se recoupent sur plusieurs points, même si des interrogations subsistent concernant l’architecture et les modalités du processus.
Quelle place pour la CENCO et l’ECC ?
La question de la place concrète des confessions religieuses demeure toutefois importante.
L’appel lancé par Aimé Boji ne précise pas, à lui seul, les modalités de leur participation au dialogue national. Il reste notamment à déterminer la forme que pourrait prendre leur implication et le rôle qui leur sera effectivement attribué dans les différentes étapes du processus.
Cette question est d’autant plus suivie que la CENCO et l’ECC avaient déjà formulé des propositions concernant l’organisation et l’encadrement du dialogue avant l’annonce présidentielle du 27 août 2026.

Photo : la CENCO et l’ECC
Un contexte politique et sécuritaire sensible
Le dialogue national intervient dans un contexte marqué par plusieurs crises politiques, sociales et sécuritaires, notamment dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Pour les autorités, la concertation doit permettre de rechercher un consensus national tout en respectant les institutions et les principes de souveraineté et d’intégrité territoriale de la RDC. Aimé Boji a également insisté sur le caractère congolais du processus et appelé les partenaires internationaux à l’accompagner dans le respect de cette souveraineté.
Dans ce contexte, la participation des confessions religieuses pourrait constituer l’un des éléments importants des prochaines discussions.
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