Énergie – Transition énergétique – Infrastructures
La République démocratique du Congo s’apprête à franchir une nouvelle étape dans le développement de son secteur énergétique.
Six centrales solaires doivent être construites dans quatre provinces du pays. Le programme représente un investissement cumulé annoncé de 100 millions de dollars américains.
Selon des informations rapportées fin août 2026 par Africa Intelligence et relayées par la presse économique congolaise, le projet a été attribué à Solutions for Africa, une société du groupe Vinmart.
Les infrastructures sont annoncées dans les provinces du Haut-Uélé, de la Tshopo, du Kasaï-Oriental et du Kasaï-Central.
Un programme solaire réparti dans quatre provinces
L’un des principaux intérêts de ce programme réside dans sa répartition géographique.
Les investissements ne sont pas uniquement concentrés dans les grands centres économiques du pays. Ils concernent également des provinces confrontées à d’importantes difficultés d’accès à une électricité fiable.
Le Haut-Uélé, la Tshopo, le Kasaï-Oriental et le Kasaï-Central disposent d’un potentiel solaire important. Ces provinces présentent également des besoins considérables en infrastructures énergétiques.
À travers ces centrales, le programme pourrait contribuer à améliorer l’offre électrique locale. Il pourrait également soutenir les activités économiques, industrielles, commerciales et sociales.
100 millions de dollars pour six centrales
Le montant global annoncé pour les six centrales atteint 100 millions USD.
Sur cette base, l’investissement moyen théorique serait d’environ 16,7 millions de dollars par centrale. Toutefois, cette moyenne reste indicative.
En effet, les informations disponibles ne précisent pas encore la puissance exacte de chaque installation ni leurs caractéristiques techniques détaillées.
Le coût de chaque centrale dépendra notamment de plusieurs éléments :
- la puissance photovoltaïque installée ;
- le nombre de panneaux solaires ;
- les systèmes de stockage par batteries, lorsqu’ils sont prévus ;
- les postes de transformation ;
- les lignes électriques et réseaux de distribution ;
- les systèmes de contrôle et de supervision ;
- les infrastructures auxiliaires ;
- les travaux de génie civil et d’aménagement des sites.
Il faudra donc attendre la publication des données techniques et contractuelles détaillées pour mesurer précisément l’impact énergétique du programme.
Kisangani : une centrale solaire de 10 MW déjà documentée
La province de la Tshopo constitue déjà un exemple concret de cette dynamique.
À Kisangani, une centrale photovoltaïque d’une capacité annoncée de 10 MW est associée à Solutions for Africa et fait l’objet d’un suivi du Bureau central de coordination (BCeCo).
Le site identifié se trouve à Bobokoli, dans la commune de Mangobo.
Une mission technique avait également fait état de l’acheminement de plus de 70 % des équipements destinés au projet. Un terrain d’environ 16 hectares est par ailleurs concerné par les démarches d’acquisition et de sécurisation foncière.
Cependant, une distinction doit être faite.
Les informations actuellement disponibles ne permettent pas d’affirmer avec certitude que cette centrale de 10 MW fait partie des six projets correspondant au programme annoncé à 100 millions USD.
Un potentiel pour améliorer l’électrification
La RDC dispose d’importantes ressources en énergies renouvelables. Pourtant, l’accès à l’électricité reste fortement inégal selon les régions.
Dans plusieurs provinces, l’insuffisance des infrastructures électriques constitue un obstacle au développement économique et social.
Les centrales solaires peuvent contribuer à répondre à une partie de cette problématique. Leur efficacité sera toutefois renforcée lorsqu’elles seront associées à des réseaux locaux adaptés et, lorsque cela est nécessaire, à des systèmes de stockage.
L’enjeu ne consiste donc pas seulement à installer des panneaux photovoltaïques.
Il faut également développer une véritable chaîne énergétique intégrant la production, le stockage, la transformation, le transport et la distribution de l’électricité.
Des retombées économiques et sociales attendues
La réalisation de ces infrastructures pourrait avoir plusieurs effets positifs dans les provinces bénéficiaires.
Sur le plan économique, une meilleure disponibilité de l’électricité peut favoriser le développement des petites et moyennes entreprises.
Elle peut également soutenir les unités de transformation, les commerces, les services numériques et certaines activités industrielles.
Dans les zones rurales et périurbaines, l’énergie solaire peut aussi contribuer au fonctionnement de plusieurs infrastructures essentielles.
Il peut notamment s’agir des écoles, des centres de santé, des systèmes d’adduction d’eau, des infrastructures administratives et des installations de télécommunications.
Un soutien possible au secteur agricole
Le secteur agricole pourrait également bénéficier indirectement de ces investissements.
Une alimentation électrique plus fiable peut faciliter la conservation et la transformation des produits agricoles. Elle peut aussi soutenir certaines activités liées à leur commercialisation.
L’impact réel dépendra cependant de la manière dont l’électricité produite sera distribuée et des infrastructures qui seront développées autour des centrales.
Le véritable défi : passer de l’annonce à l’exécution
L’annonce d’un investissement de 100 millions USD constitue une étape importante.
Cependant, le principal défi sera désormais la concrétisation des projets sur le terrain.
Plusieurs éléments restent à préciser, notamment :
- le calendrier détaillé des travaux ;
- la puissance de chaque centrale ;
- les modalités exactes de financement ;
- les conditions de raccordement aux réseaux ;
- les capacités éventuelles de stockage ;
- les mécanismes d’exploitation et de maintenance.
La réussite du programme dépendra donc autant de la mobilisation des financements que de la qualité de son exécution technique.
Vers une diversification du mix énergétique congolais
L’hydroélectricité occupe historiquement une place importante dans le système électrique de la RDC.
Le développement du solaire offre cependant une possibilité de diversifier le mix énergétique national.
Le photovoltaïque permet notamment de développer des centrales de différentes tailles. Il peut également être utilisé dans des mini-réseaux adaptés aux besoins de certaines communautés.
Cette approche pourrait être particulièrement pertinente dans les provinces éloignées des grands centres de production hydroélectrique.
Elle permettrait de rapprocher davantage les infrastructures de production des zones ayant un accès limité au réseau électrique.
Un programme à suivre de près
Avec un investissement annoncé de 100 millions de dollars pour six centrales solaires, la RDC confirme l’importance croissante des énergies renouvelables dans sa stratégie énergétique.
La prochaine étape sera de connaître les capacités exactes des six installations ainsi que leur calendrier de construction et de mise en service.
Ces données permettront de déterminer la quantité d’électricité supplémentaire qui pourrait effectivement être produite et distribuée dans les provinces concernées.
Au-delà du montant financier annoncé, l’enjeu est donc concret : transformer l’investissement en électricité disponible, fiable et accessible aux populations et aux entreprises.
Si le programme est exécuté conformément aux objectifs annoncés, il pourrait contribuer à renforcer l’électrification de plusieurs territoires et à accélérer la diversification du secteur énergétique congolais.
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